C’est quoi être chômeur de longue date en Tunisie ?

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C’est la confusion totale, des chômeurs « militants » et en sit-in partout aux gouvernorats réclamant l’application d’une loi controversée d’une part, et des autorités qui rétropédalent et refusent l’application d’un texte clairement légiféré, approuvé et signé permettant d’embaucher ces chômeurs, d’autre part.

Toutefois, la réalité est très dure et éloquente : quelques 750 mille chômeurs sans couverture sociale aucune souffrent d’exclusion sociale et de misère.

Un chômeur de longue date en Tunisie est reconnu par une loi de quelques articles comme une personne ayant des diplômés « supérieurs » et sans job depuis au moins dix ans mais qui est reconnu de surcroit par d’autres comme étant un paresseux cherchant une planque dans la fonction publique.

Certains considèrent ce type de chômeurs comme étant à la source de tous les maux : érosion de la croissance, risque pour les « équilibres » des finances publiques et les archétypes des gens qui courent derrière une rente et qui ne tentent pas l’aventure de l’entreprenariat combien même peu évidente en Tunisie…

Le commun des mortels a une autre vision des chômeurs de longue date, celle d’une population entassée dans les régions de l’intérieur et d’enfants de familles pauvres qui veulent un travail.

Bref, le chômage est une simple représentation en Tunisie, où les chômeurs n’existent pas en tant que hommes et femmes dignes et citoyens. Au lendemain de la « révolution », les autorités politiques ont mis en place le plan Amal (espoir). Chaque diplômé chômeur pouvait percevoir une allocation mensuelle de 200 dinars (60 euros). 200 dinars… L’espoir n’est pas bien cher, en Tunisie. Au bout d’un an, ils ont pourtant supprimé l’allocation.

Et comme les solutions pertinentes pour le problème du chômage ne sont pas à l’ordre de la classe politique, des « solutions » palliatives sont proposées de temps en temps. Au fait, l’ex-ministre nahdhaoui de l’emploi, Naoufel Jammali, avait proposé la cueillette des olives aux diplômés chômeurs pour sortir de la spirale du chômage et de la pauvreté…

Des questions se posent : Pourquoi sommes-nous arrivés à cette situation ? Est-ce le poids de l’inertie ou un choix délibéré ? Peut-on continuer à accepter le chômage de masse, diplômés du supérieur ou autres, pour des choix biaisés en matière d’éducation et de formation ?

Force est de constater en tout cas que la persistance du décalage entre les préoccupations de l’appareil éducatif et de formation d’une part, les contraintes de l’économie d’autre part, traduit une tendance à repousser le calendrier de certaines réformes dites de structure plus loin encore dans le temps dans l’espoir que les choses « s’arrangeront » d’elles-mêmes ou que la démographie vienne décider à la place des décideurs.




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Source: tunisienumerique