Fathi Laayouni, la preuve vivante d’un État inexistant et des libertés piétinées

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Le triste et honteux incident qui a eu le matin de ce jeudi 10 juin 2021 devant le siège de Shems FM va-delà des impulsions destructrices et puériles d’un maire. Il souligne à quel point l’État est piétiné, au point que nous ne savons plus, par moment, de quel État parlons-nous. S’agit-il de l’État de Rached Ghannouchi, président de l’ARP ? De celui de Kaïs Saïed, président de la République ? De celui de Hichem Mechichi, Chef du gouvernement ? Ou alors de celui de Fathi Laayouni, élu maire du Kram pour le meilleur et pour le pire ?

Rappel des faits : récemment, notre confrère, Hamza Belloumi, et l’équipe de La Matinale de Shems FM ont relayé des faits qui n’ont visiblement pas plu au maire du Kram, concernant l’un des nombreux dépassements et dysfonctionnements du service public que l’on peut constater dans la ville. Ce matin, le maire – ou le président de l’État du Kram comme on l’appelle sur la toile tunisienne – a envoyé des agents municipaux, avec des camions, pour encercler le siège de Shems FM. Des confrères ont même été agressés, à l’instar de Mohamed Boughaleb. Une scène inédite.

Fathi Laayouni n’est pas le seul problème

La problématique va-delà du rejet de la liberté d’expression, de la presse et du rejet de la différence. Le triste incident, comme nous l’avons indiqué, souligne l’éparpillement de l’État, les lacunes de la loi et le dysfonctionnement des institutions de la République. Une République qui, pourtant, a été bâtie, pierre par pierre, par nos pères et par nos mères après avoir accompli tant de sacrifices. Dans un État qui se respecte, où la loi est claire, juste et respectée, un maire, que ce soit Fathi Laayouni ou autre, aurait-il osé mobiliser ses troupes de la sorte pour s’attaquer à un symbole du quatrième pouvoir ? Rappelons que le maire du Kram n’est pas à son premier coup d’essai lorsqu’il s’agit “de défendre son territoire”. On se souvient de la fois où il avait demandé à Kaïs Saïed, président de la République, de l’informer avant de visiter le Kram.

De ce fait, il ne faut pas s’étonner de voir des charlatans, qui prétendent représenter l’État, agir selon leur bon vouloir. Il n’y a pas que Fathi Laayouni : ils sont malheureusement nombreux dans notre pays. Ce qu’il s’est passé ce jeudi n’est qu’une étape supplémentaire vers le piétinement des libertés fondamentales et de l’État tunisien.

Tout mon soutien pour nos confrères de Shems FM, pour toute personne ayant vu ses droits bafoués.

Fakhri Khlissa

Source: realites